Entrevue exclusive avec Sabrina Cooper, productrice du film Phantasmagoria

Publié le jan 18 2014 - 9:09 par Michaël Bertiaux

Comme bien d’autres ce matin, j’ai appris qu’un film basé sur le premier Phantasmagoria est en préparation. J’étais un peu jeune à l’époque, mais je me souviens clairement d’avoir entendu parlé du jeu, une expérience hors de l’ordinaire mélangeant horreur et mystère. Curieux d’en apprendre davantage sur les motivations derrière l’adaptation au grand écran, j’ai contacté la productrice du film, Sabrina Cooper, qui a répondu à mes nombreuses questions en un temps record. Comme d’habitude, je vous propose la version française ci-dessous et l’original en anglais par la suite.

For the original interview in English, please click HERE.

Gamer Quebec : Merci d’avoir pris la peine de répondre à nos questions aujourd’hui. Pouvez-vous vous introduire auprès de nos lecteurs et nous en dire plus sur le parcours qui vous  a mené dans l’industrie du cinéma?

Sabrina Cooper : Bonjour, mon nom est Sabrina et je suis la productrice du film Phantasmagoria. Mon parcours dans l’industrie du film n’est pas commun. J’ai toujours désiré me joindre à l’industrie, mais je n’avais pas les moyens d’aller à l’université après mon secondaire. Au lieu de cela, j’ai mis sur pied ma propre entreprise, un studio de danse (mon autre passion). Au bout du compte, je me suis retrouvée en Floride et j’ai ouvert un deuxième établissement. En raison d’un divorce, j’ai été obligée de fermer mes studios et c’est alors que j’ai décidé de faire ce que j’avais toujours désiré, c’est-à-dire étudier le cinéma. J’ai obtenu mon baccalauréat en production de film à l’Université Full Sail et j’ai étudié ce sujet à l’American Film Institute. Une opportunité incroyable a croisé ma route afin d’ouvrir ma troisième compagnie, Black Castle Production, où je me trouve actuellement.

GQ : Vous avez étonné bien des gens en annonçant un jeu vidéo basé sur Phantasmagoria. Quelles sont les motivations derrière une pareille décision, surtout en tenant compte le nombre incalculable de jeux disponibles?

SB : Faites place au nerd en moi.  Je me trouvais au secondaire lorsque le jeu est sorti en 1995 (je me fais vieille!). La première fois que j’ai joué, je me suis dit « Ils doivent absolument en créer un film! ». Mais ce n’est jamais arrivé. Avant d’obtenir mon baccalauréat, j’ai participé à un cours sur la production de films et un des projets nous demandait de créer un prospectus sur un projet que nous aimerions produire une fois les études terminées. Je savais EXACTEMENT quel projet, Phantasmagoria! Voilà où tout a commencé. Je suis une GRANDE admiratrice du jeu et je possède encore les disques physiques (ainsi que le livre making-of). Le jeu fonctionne même sur mon vieil ordinateur portable Toshiba, bien que TRÈS lentement! Mon réalisateur Steven Shea est lui aussi un grand fan du jeu vidéo.

phantasmagoria

GQ : Serait-il juste d’assumer que les personnes travaillant à Black Castle Productions sont des fans de jeux vidéo en général, surtout de jeux old-school comme des films interactifs?

SB : Ha ha oui, nous le sommes. Je ne suis pas une très grande joueuse, mais Phantasmagoria a occupé une place importante au cours de ma jeunesse. Mon partenaire d’affaires, Jeremy Noggles, est lui un joueur chevronné de même que ma scénariste Alexandra Amadio.

GQ : À quel point l’histoire du film est-elle fidèle au matériel source, et à quel point avez-vous eu à modifier le scénario en vue de l’adaptation cinématographique?

SB : Je crois que les fans du jeu vidéo seront TRÈS heureux de voir ce que nous avons créé! Comme toute adaptation, certaines choses doivent changer afin de s’adapter au format cinéma. La premìère chose que les fans du jeu vont remarquer est que nous avons modifié le lieu principal. Le public d’aujourd’hui est trop intelligent et nous ne pourrions croire qu’une écrivaine (Adrienne) et un photographe (Don) aient les moyens d’acheter un manoir. Le public s’écrierait aussitôt « ouais, comme si c’était vrai! Ça n’arriverait JAMAIS! », ce qui briserait l’immersion avant même que le film ne débute. Nous savions aussi que le jeu était populaire auprès de certaines communautés peu connues, mais un grand nombre de personnes n’en a JAMAIS entendu parler. Donc lorsqu’un fan du jeu vidéo visionnera le film, je crois qu’il sera ravi car il existe beaucoup de petites choses que nous considérons des « secrets d’initiés ». Si vous avez joué à Phantasmagoria le film vous fera sourire et si vous n’en avez jamais entendu parlé, vous apprécierez tout de même son scénario.

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GQ : À propos des acteurs dans Phantasmagoria, nous savons que Miriam Margoyles incarnera Harriet. La rumeur veut que Mischa Barton décroche le rôle principal d’Adrienne. En tant que nouveau studio dans l’industrie, avez-vous peiné à trouver des acteurs pour votre projet sans un portfolio établi?

SB : Ouille, ne me parlez pas de la recherche d’acteurs. C’est vraiment un long processus avec Hollywood. Lorsque nous avons commencé les auditions il y a 6 mois, nous avions une liste d’acteurs que nous jugions parfaits pour chaque rôle. Les acteurs que nous avions choissis correspondaient aussi à notre budget. Après avoir vécu cette démarche, je comprends PARFAITEMENT pourquoi les acteurs ne travaillent pas ou obtiennent des rôles qui ne sont pas à leur image. Moi et mon partenaraire connaissons personnellement plusieurs acteurs que nous avons approchés et que nous pensions parfait pour le film! En premier nous les approchions, puis leur agent ou leur gérant et c’est là que tout a arrêté. Tout le monde attend un film à grand déploiement, même si les acteurs obtiendraient bien plus de travail en acceptant des plus petits rôles au sein de productions indépendantes. Miriam était notre premier choix pour Harriet. Lorsqu’elle s’est entretenue avec Steven, elle a vraiment bien réussi son rôle. Je suis TRÈS contente qu’elle soit avec nous dans ce projet puisqu’elle est une actrice incroyable. Pour ce qui est du reste de la distribution, nous en révélerons plus au cours des semaines à venir, d’abord sur notre page Facebook.

GQ : Nous savons que le film sera créé avec un petit budget (moins de 10 millions). Pensez-vous que ce sera suffisant pour adapter votre vision du jeu dans un film complet?

SB : Ah oui, je le crois! Vous avez raison, personne n’aura un salaire à tout casser avec le film, mais ce n’est pas pourquoi nous en créons. De plus, nous adoptons une attitude old-school avec ce film afin de respecter le matériel source. Tout sera tourné sur pellicule et de façon simple afin de diminuer les coûts : un minimum d’animation assistée par ordinateur sera utilisée. Rappelez-vous le temps où les films n’avaient pas de pareilles animations, s’il y en avait c’était que TRÈS peu, et pourtant ils figurent parmi nos films favoris. C’est possible, vous devez simplement être créatifs et penser VRAIMENT autrement. Notre équipe est prête à faire le voyage à la Nouvelle-Orléans (note : le lieu du tournage) et la plupart sont des fans du jeu vidéo. Donc il y a beaucoup d’amour envers ce projet.

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GQ : Puisque vous travaillez avec une proptiété intelectuelle qui n’est pas la vôtre, on pourrait se demander si vous avez tenté de contacter les personnes à l’origine du jeu, par exemple Roberta Williams?

SB : Oh, trouver les membres originaux a été TRÈS difficile. En fait j’ai été en mesure de parler avec Ken et Roberta, mais honnêtement après tous les rachats et les ventes qui ont eu lieu ils n’ont plus rien à voir avec la franchise. Cependant, il me ferait vraiment PLAISIR de voir les développeurs à notre première. Je suis aussi proche de plusieurs des acteurs originaux, donc les fans du jeu sont invités à demeurer attentifs lorsqu’ils visionneront le film!

GQ : Pensez-vous que le film pourrait susciter suffisamment d’intérêt envers la franchise et, qui sait, même mener à la création d’un nouveau jeu vidéo sans Sierra dans les parages?SB : Dans ce monde de fou rien n’est impossible. On m’a souvent demandé de mettre à jour le jeu vidéo et de le relancer. Vous devrez attendre et découvrir par vous-même ce qui en est.GQ : La question sur toutes les lèvres : quand croyez-vous que le film sera diffusé dans nos salles au Canada (ou aux États-Unis en fait)?

SB : Voilà une drôle de question. Plusieurs personnes ne le réalisent pas mais nous, les créateurs du film, ne choisissons pas les dates de sortie. C’est le rôle des distributeurs. Si tout va comme prévu, nous espérons une sortie à l’Halloween 2014, mais les distributeurs pourraient préférer l’Halloween 2015. J’aimerais vous indiquer une date définitive, mais je ne le peux. Toutefois, nous serons de passage au Comic-Con cette année avec le projet : peut-être aurons-nous des réponses à ce moment?

GQ : Avez-vous autre chose à dire pour les fans du jeu vidéo au sujet de votre film?

SB : Je crois que les fans vont l’adorer et apprécier ce que nous en avons fait. Sa sortie soulignera pour nous quelque chose qui n’a JAMAIS été fait auparavant, en concordance avec le jeu vidéo original. Ce sera toute une expérience pour les cinéphiles, qui en redemanderont. Attendez-vous à l’innatendu et aimez notre page Facebook, suivez Black Castle Productions sur Twitter. Plusieurs des membres importantes de notre équipe se trouvent également sur Twitter. Les mises à jour sont TOUJOURS publiées à cet endroit en premier.

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