The Legend of Zelda: Ocarina of Time a 20 ans

the legend of zelda: ocarina of time

Il y a 20 ans, le 21 novembre 1998, arrivait sur la Nintendo 64 un jeu défiant l’imaginaire d’une masse de joueurs, The Legend of Zelda: Ocarina of Time. Il ne faut pas oublier que 1998 fut sans doute l’une des cinq années les plus influentes de l’histoire des jeux vidéo. Le passage à la 3D a donné de nombreux jeux qui ont mal vieilli.

N’empêche, cette année a aussi accueilli de nombreux concepteurs plus à l’aise face à ce changement. Ainsi donc, de nombreuses légendes virent le jour à cette époque, notamment Resident Evil 2, Final Fantasy Tactics, Starcraft, Banjo-Kazooie, Half-Life, Spyro the Dragon, Crash Bandicoot 3, Metal Gear Solid, Suikoden 2 et bien d’autres encore. Quand on regarde cette liste, on peut constater que bien des titres PlayStation et PC sont présents, mais The Legend of Zelda: Ocarina of Time a fait tourner de nombreuses têtes vers la console de Nintendo.

The Legend of Zelda: Ocarina of Time
«Tu veux ma photo, banane? » – Première apparition de Link en 3D, Nintendo Space World 1995

Vous le savez, ce jeu était une claque pour tous à l’époque. Jamais avions-nous eu droit à une quête aussi prenante en une réelle 3D avec un caractère si épique. Le jeu nous laisse découvrir le gigantesque monde d’Hyrule, épée et lance-pierre à la main. Comme tout bon Zelda, nous avons le sentiment de vivre une aventure dans un monde nouveau peuplé de dragons, d’araignées géantes et d’autres créatures démesurées à vaincre au fond de volcans, de lacs et même d’un tronc d’arbre infecté par le Mal de Ganondorf. Éventuellement, on obtient un cheval et pouvons tirer à l’arc en tant que cavalier, comme si ce n’était pas déjà assez grandiose!

The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Link, le garçon sans fée devant le gardien de la forêt

Avec un peu de recul, il est possible de constater que The Legend of Zelda: A Link to the Past avait posé des bases solides au niveau de la structure en général. The Legend of Zelda: Ocarina of Time propose une histoire similaire à celle de son grand frère : Link doit sauver le royaume d’Hyrule et éventuellement la princesse Zelda des ténèbres de Ganon. La première aventure de Link sur Nintendo 64 ajoute beaucoup de viande autour de l’os en incluant les légendes sur les origines d’Hyrule et de la Triforce, lesquelles impliquent des dieux et une plus grande diversité de la population. Parmi les races présentes, notons les Gorons, les Kokiris et une belle évolution des Zoras. Le jeu est séparé en deux « univers » et nous passons d’un monde à l’autre : Hyrule et le monde des ténèbres pour A Link to the Past, contre le présent et le futur pour Ocarina of Time.

Dans les deux cas, Link traverse deux séries de donjons pour trouver un objet important, que ce soit une arme ou un accessoire qui va lui permettre de continuer sa quête. Certains PNJs proposent des quêtes annexes pour accéder à d’autres objets (dont plusieurs sont facultatifs) qui donnent un bon coup de main au héros à oreilles pointues. Si ce résumé peut sembler peu original, c’est bien parce qu’à peu près tous les jeux d’aventure, incluant la plupart des Zelda qui vont suivre, ont conservé ce modèle. Les 100 Skulltulas à trouver partout dans le monde pour des bonus intéressants représentent un autre système intéressant pour prolonger la durée de vie du jeu.

The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Mido, protecteur d’un arbre

Évidemment, ce n’est pas qu’en copiant l’épisode précédent et en plantant une caméra derrière Link dans un environnement 3D qu’on devient un des jeux les plus adorés du monde avec une note moyenne de 99% sur Metacritic. Nintendo a été le premier à créer un monde à la fois absolument énorme à explorer tout en étant très accessible par quiconque prend la manette en main. La taille du monde est moins importante que les épisodes suivants, mais elle restait impressionnante. Il ne faut pas oublier non plus que la Nintendo 64, avec ses nombreux collect-a-thon, comprenait son lot de jeux dotés de niveaux très aérés par exemple dans Banjo-Kazooie et Donkey Kong 64. Cette ampleur prend tout son sens ici.

Link peut compter sur la fée Navi pour lui tenir compagnie et offrir des indices. Si aujourd’hui certains auraient bien espéré avoir une tapette à mouche chaque fois qu’elle dit « Hey! Listen! », il ne faut pas oublier que The Legend of Zelda: Ocarina of Time était le premier jeu d’aventure de bien des jeunes joueurs, donc son aide était bien appréciée. Il faut avouer qu’elle a bien plus de charisme que Fi dans The Legend of Zelda: Skyward Sword!

The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Navi qui nous rappelle où on doit aller, qu’on le veuille ou non

Bien sûr, la fée papoteuse n’est pas la seule aide que Link recevra, car il trouve bien des trésors dans sa quête et c’est là que le jeu brille. En cherchant des passages secrets dans le vaste champ d’Hyrule ou en aidant les villageois de Kakariko ou encore les citoyens du château, ils récompensent Link avec des articles qui peuvent s’avérer très importants. Entre autres, un pot de plus pour y conserver du lait ou une potion de vitalité, un morceau de point de vie additionnel, une bombe qui avance toute seule vers sa cible et j’en passe!

Ce que je vais dire va sembler très rétrograde, mais les jeux d’aventure à monde ouvert actuels, malgré le très louable effort herculéen qui est fait pour les concevoir, sont bourrés à l’os de mini-donjons ou de « camps avec des gardes quelconques » qui contiennent un tas de loot qui vont rendre le joueur heureux d’avoir obtenu une hache qui pourrait casser seulement après 3 coups et qui n’ajoute que 2 points d’attaque pour en monter le total à 1283, qui sera ensuite remplacée par une autre arme aléatoire 5 minutes plus tard. Dans The Legend of Zelda: Ocarina of Time, Link n’a que 3 épées, mais la force d’une nouvelle épée est toujours le double de la précédente. Par contre, la plus forte retire la possibilité d’utiliser le bouclier, ce qui ajoute un risque stratégique à son utilisation. Bon, tout n’est pas parfait, quoi de plus amusant que trouver 100 rupies dans un coffre difficile d’accès alors que sa bourse est pleine…

The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Parce qu’il faut un dragon!

Tous les fans de Zelda se souviendront d’un moment-clé d’une quête annexe du jeu. Il faut savoir que pendant les premières heures de l’aventure, Link se promène de long en large sur les plaines d’Hyrule vers la rivière des Zoras ou le marché public, entre autres destinations plus ou moins éloignées. Et qu’on ait l’idée de le traverser de façon accélérée en roulant ou en sautant de côté à répétition, comme on dit, c’est long longtemps.

Malgré l’effort, les petites pattes du jeune Link prennent un bon moment pour arriver à destination et ce n’est pas en donnant un bouclier plus puissant qui lui donne des airs de tortue que ça va aider. Le jeu a même le culot de nous faire aider un petit poney trop jeune pour faire quoi que ce soit! Heureusement, à un moment du jeu, on fait un saut temporel de 7 ans et la jeune monture Epona passe de mignon petit canasson à fier destrier prêt à nous donner enfin un brin de vitesse sur les foutues plaines! Oui, il y a eu de meilleurs chevaux depuis ce jeu, mais les concepteurs ont su nous faire savourer la venue de ce cheval légendaire!

The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Notre meilleur amie

L’autre grande aide du jeu est bien sûr l’Ocarina du temps qui n’est rien de moins qu’un instrument avec lequel Link peut jouer des mélodies magiques. Il lui permet de se téléporter, de faire passer du jour à la nuit, de faire souffler le vent, etc. Et c’est exactement ce qui aurait donné au compositeur Koji Kondo un des plus grands défis de sa carrière, car il devait composer de nombreuses mélodies avec seulement 4 notes afin que le joueur puisse les jouer avec la manette. Il aura bien su être à la hauteur en composant certaines des mélodies les plus mémorables de la série et des morceaux très ambiants pour chacun des donjons. Plusieurs mélodies comme le thème des Kokiris, celui des Gerudos ou celui du Temple du temps vous resteront en tête des semaines après avoir terminé le jeu.

Ce qu’on peut dire, c’est qu’on a beau avoir tout le contenu du monde, cette version d’Hyrule est, sans faire de jeux de mots, absolument féérique grâce aux personnages conçus par Yusuke Nakano. Si les graphismes originaux de la Nintendo 64 peuvent être repoussants pour les plus jeunes joueurs, ce n’est pas le cas du style anime des personnages, qui prennent glorieusement vie sur la version 3DS en nous faisant rêver une meilleure résolution quand on voit des projets de fans avec l’Unreal Engine 4.

The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Yusuke Nakano a aussi prêté son trait polyvalent pour les illustrations de Super Metroid et WarioWare.

Malheureusement, malgré le récit enchanteur et l’aventure inoubliable, le jeu, comme plusieurs autres de sa génération, affiche certaines rides avec le temps. Bien entendu, les graphismes originaux en ont pris un coup et la caméra est atrocement déficiente, malgré l’invention du lock-on. La gestion de l’équipement nous explose au visage pendant le temple de l’eau alors qu’il faut ouvrir et fermer le menu à répétition afin de changer les bottes pour couler au fond de l’eau ou flotter. Et n’allez pas jouer à ce jeu sur une version Gamecube ou console virtuelle, car les objets anciennement utilisés avec les quatre boutons « C » de la Nintendo 64 ont été placés sur le joystick de droite.

Tirer une flèche, donner un coup de marteau ou jouer de l’ocarina, ça va mieux avec des boutons. D’un autre côté, elle est là, la beauté des remakes. La version 3DS corrige tous ces problèmes et peaufine les graphismes en plus. Son seul problème est qu’elle est sur 3DS et qu’elle nous fait rêver d’une version Switch en haute définition!

The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Certains fans ne s’en peuvent plus d’attendre un véritable remake en haute définition…

La beauté de The Legend of Zelda: Ocarina of Time se résume ainsi : malgré le fait que sa version de base, sa surface, sa chaire se fait vieille, son âme, son esprit d’aventure, son univers, ses quêtes et ses donjons, ses énigmes et ses nombreux défis savent rester jeunes. À une époque où la série et sa concurrence en général se dirigent vers des mondes véritablement ouverts après The Legend of Zelda: Breath of the Wild (Nintendo a déjà affirmé que le prochain épisode serait encore plus vaste), il y a toujours un plaisir à jouer une aventure plus dirigée pour ne pas dire linéaire avec une certaine dose d’exploration. Son histoire simple demeure accrochante et la mise en scène demeure soignée.

Une chose est sûre, la série brille dans le cœur de millions de fans de par le monde et ils doivent une fière chandelle à ce jeu qui est au centre de la séparation temporelle de sa mythologie, The Legend of Zelda: Ocarina of Time.